Campra | Le carnaval de Venise
OPÉRA & SCÉNIQUE

Opéra ballet en un prologue et trois actes
Sur un livret de Jean-François Regnard et une musique de M. Campra
Ballet créé à l’Académie royale de musique le 28 février 1699
Ouvrage unique en son genre, le Carnaval de Venise de Campra et Regnard répond à une problématique intemporelle : comment faire de l’Opéra le divertissement par excellence. C’est sur ce postulat que s’appuie Campra pour créer un ouvrage à la structure unique, puisqu’elle associe la tragédie lyrique et l’opéra-ballet pour créer un opéra-comique rassemblant intrigue amoureuse, airs français et italiens, danses variées, tout cela dans l’univers exotique et fantasmé de la période du Carnaval à Venise.
En 1699, à l’aube des Lumières, l’on s’ennuie à la cour. Le vieux roi Louis XIV représente l’art de la grande tragédie lyrique portée pendant des décennies par Lully. Le Dauphin et la cour cherchent alors à renouveler le divertissement, tandis que les italiens, chassés par Lully quelques décennies plus tôt, retrouvent quelques entrées musicales, notamment par le genre de la Sonate.
Intemporel également, le financement des théâtres est un enjeu majeur de ce siècle (comme du nôtre !). Les loges des théâtres sont privées, réservées à l’année et donc prépayées. Le parterre, uniquement masculin (on y reste debout pendant des heures, cela ne sied guère aux dames), reste la variable d’ajustement des finances des théâtres. Il s’agit donc de créer un spectacle attrayant pour ce parterre d’hommes, que l’on a ajusté à hauteur des chevilles dévoilées des danseuses et chanteuses de la scène.
C’est ce spectacle que créent (entre-autre) Campra et Regnard en 1699 lorsqu’ils mélangent l’histoire d’amour du quatuor principal à une forme de théâtre dans le théâtre, en faisant entendre à la fin du troisième acte un court opéra en italien sur le thème de l’Orfeo, justifié dramatiquement comme étant le spectacle pour les festivités du couple heureux des actes précédents. Enfin, le Carnaval de Venise se termine en français par grand bal annoncé par le personnage du Carnaval en personne. Cet opéra comique est unique et le restera puisque cette forme ne trouvera aucun miroir pendant le siècle suivant.
Accompagné par Clédat et Petitpierre, qui signent ici leur première mise en scène d’opéra, l’Ensemble Il Caravaggio se lance aussi dans sa première production d’opéra, fort de nombreuses aventures lyriques et baroques dans les dernières années.Camille Delaforge
Mise en scène, chorégraphie, scénographie, costumes : Clédat & Petitpierre
Direction musicale : Camille Delaforge
Regard chorégraphique : Sylvain Prunenec
Création lumières : Yan Godat
Dramaturge / Assistant mise en scène : Baudouin Woehl
